Coronavirus : confinement, attention au stress post-traumatique

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SantéToute L'info surCoronavirus : la pandémie qui inquiète la planèteÀ LA LOUPE – Quels sont les effets du confinement sur la santé mentale des confinés ? Une étude chinoise a mis en évidence de nombreux cas de stress post-traumatiques apparus à l'issue du confinement de millions de personnes à Wuhan. 2020-03-28T08:35:47.290Z - Cédric StanghelliniLire aussiPlusieurs…

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Coronavirus : la pandémie qui inquiète la planète

À LA LOUPE – Quels sont les effets du confinement sur la santé mentale des confinés ? Une étude chinoise a mis en évidence de nombreux cas de stress post-traumatiques apparus à l’issue du confinement de millions de personnes à Wuhan.

– Cédric Stanghellini

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Plusieurs études se sont penchées sur le lien entre les troubles de stress post-traumatique (TSPT) et les règles de distanciation sociale mises en place pour juguler une épidémie. Dernière en date, une enquête sanitaire menée en Chine par des chercheurs de Shanghai pour mesurer l’impact du confinement du au Covid-19. 

Une étude chinoise menée durant le confinement de Wuhan

L’idée de mesurer les effets psychologiques du confinement général du au Covid-19 a été initiée par la Faculté

de psychologie et de santé mentale de Naval Medical University à Shanghai. Une vaste enquête en ligne a été menée entre le 30 janvier et le 3 février à l’intention d’un échantillon représentatif d’habitants de Wuhan et la région avoisinante. 

Dans un premier questionnaire, les personnes devaient renseigner des informations socio-démographiques, leur emplacement de quarantaine ou définir la qualité du sommeil. Un second questionnaire consistait à répondre en une liste pour contrôler les symptômes d’un possible stress post-traumatique. Au total, 2.091 Chinois ont participé cette l’étude, divisés en groupes de six tranches d’âge. 

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Les personnes les plus fragiles sont les plus concernées par le stress

Les résultats ont été publiés dans la revue médicale MedRxiv : la prévalence d’un stress post-traumatique dans la population étudiée était de 4,6%, et jusqu’à 18,4% pour la population considérée comme à haut-risque, c’est-à-dire la population composée de patients suspectés ou de personnes en contact avec les malades. En revanche, le résultat est de 4,4% pour les travailleurs dans le secteur de la santé. Autre enseignement, 96 personnes présentent le niveau de plus élevé sur l’échelle des TSPT. Les femmes sont les plus vulnérables ainsi que les individus ayant une mauvaise qualité de sommeil. 

Élément intéressant pour les Français, la Faculté de psychologie et de santé mentale souligne le fait que la prévalence des TSPT pourrait être réduite dans l’échantillon car cette population étudiée a déjà connu d’autres épidémies au cours des dernières décennies et parfois a été confrontée au confinement. Or en France, l’épidémie de Covid-19 et la distanciation sociale à une aussi grande échelle sont deux événements inédits. 

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La mauvaise information favorise le stress

Les résultats des questionnaires chinois viennent renforcer une autre étude publiée dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet au mois de février. Le Département de médecine psychologique du King’s College à Londres a examiné les données de vingt-quatre études réalisées lors de précédents épisodes de maladies infectieuses, comme H1N1 (2009), le SRAS (2003), H1N1 (2009), le MERS (2012) ou encore Ebola (2014). 

Après analyse de ce corpus d’étude, les chercheurs londoniens relèvent que “les personnes mises en quarantaine pendant plus de 10 jours développent davantage de symptômes de stress post-traumatique que ceux mis en quarantaine moins de 10 jours.” Un seuil mis en évidence par l’University Health Network de Toronto durant l’épidémie de Sras qui entraîna le confinement de la plus grande ville du Canada. 

Autre enseignement important du King’s College : les TSPT naissent d’ “un manque perçu dans la transparence des autorités sanitaires et du gouvernement sur la gravité de la pandémie.” Une impression d’opacité qui “peut être liée à l’absence de directives ou de justification claires et des difficultés perçues dans le respect des protocoles de quarantaine.” 

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Conclusions, si le maintien des liens sociaux est indispensable pour prévenir les TSPT en période de confinement, une attention toute particulière doit être portée au public fragile et les informations fournies sur l’évolution de l’épidémie doivent toujours être claires et transparentes. 

Cédric Stanghellini

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