Coronavirus: «Aidez-nous à aider!», lancent aux autorités les «makers», prêts à fabriquer des masques en…

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Une imprimante 3D au salon Viva Technology en 2016. — LAURENTVU/SIPA Sur Facebook, le groupe Makers contre le Covid, fédère les makers français qui souhaitent fabriquer du matériel pour venir en aide aux personnels soignants. Ils lancent un appel aux autorités afin de pouvoir venir en aide au corps médical tout en respectant les règles de…

Une imprimante 3D au salon Viva Technology en 2016.

Une imprimante 3D au salon Viva Technology en 2016. — LAURENTVU/SIPA
  • Sur Facebook, le groupe Makers contre le Covid, fédère les makers français qui souhaitent fabriquer du matériel pour venir en aide aux personnels soignants.
  • Ils lancent un appel aux autorités afin de pouvoir venir en aide au corps médical tout en respectant les règles de sécurité.
  • Ils disposent d’une force de frappe d’environ 4.500 machines, prêtes à fabriquer des masques, des casques à visière, des dispositifs pour ouvrir des portes sans les mains, etc.

Des masques en tissus… Mais pourquoi pas en impression 3D ? Alors que la pénurie de masques de protection suscite de vives polémiques en France, des entreprises textiles, à la demande du corps médical et de l’Etat, ont commencé à fabriquer des masques en tissu, lavables et réutilisables, permettant un niveau de protection en termes de particules similaire à celui des masques chirurgicaux classiques jetables.

Les marques Noyoco et le Groupe CL (Chantal Thomass, Chantelle, Passionata) fabriquent un modèle validé par le CHU de Grenoble, l’entreprise textile nordiste Lemahieu, assistée de 10.000 bénévoles, un modèle validé par le CHU de Lille.

Afin de remédier au manque d’équipements de protection face à la crise sanitaire, une communauté est prête à se mettre au service des professionnels de santé, les makers, c’est-à-dire les personnes qui fabriquent des objets grâce aux imprimantes 3D. « Aidez-nous à aider ! », lance aux autorités Yann Marchal, administrateur du groupe Facebook,
Makers contre le Covid , qui rassemble 1.487 makers, déterminés à « ne pas rester les bras croisés ». Explications.

Avec ce groupe Facebook, Yann Marchal souhaite créer « une coordination nationale, la plus efficace, et si possible dans les meilleurs délais ». Le groupe est d’ores et déjà associé à un rassemblement Discord , à un projet
Just One Giant Lab (JOGL), laboratoire de recherche et d’innovation fonctionnant comme une plate-forme de mobilisation massive, et à l’
ONG OSI.

« En phase de recherche et développement »

Sur JOGL sont répertoriées les initiatives et solutions proposées par les Maker Open Sources et recueillir les besoins des soignants. « Nous ne sommes pas encore en phase de production, mais en phase de recherche et développement », prévient Yann Marchal. Les makers du groupe Facebook et ceux de Discord testent différentes solutions, comme le fichier du masque N95 imprimable en 3D, proposé par le fabricant de matériaux d’impression,
Copper3D. « Ce modèle s’appuie sur du PLA, un filament bio plastique, issu généralement d’amidon de maïs, antibactérien, mais qu’en est-il des virus ? », s’interroge Yann Marchal. Les masques testés pour le moment ne sont « ni adaptés, ni efficaces », déplore-t-il.

« Des professionnels de santé pour nous aider dans nos choix technologiques »

« Il nous faudrait des préconisations de la Direction générale de la Santé. Il nous faudrait des professionnels de santé pour nous aider dans nos choix technologiques. Nous avons aussi besoin d’un système logistique. Il faut éviter de nous mettre en danger et de mettre en danger les autres », souligne Yann Marchal. L’administrateur du groupe a déjà tenté de contacter les autorités, mais en vain : « J’ai essayé de prendre contact avec mon député, Pascal Brindeau, mes sollicitations restent lettres mortes », regrette-t-il.

Les professionnels de santé semblent au niveau local disposés à travailler avec les makers. « De nombreux services d’achat hospitaliers sont rentrés en contact avec nous. Certains sont passés aux masques en tissus, ils n’ont plus rien à perdre », explique-t-il encore.

« Un parc de 4.500 machines »

Parce que ce ne sont pas uniquement des masques que les imprimantes 3D peuvent fabriquer, mais tout un tas de fournitures qui pourraient être utiles au personnel soignant : des visières de protection, des systèmes d’ouverture de portes ou de tiroirs sans les mains, etc. « On a déjà imprimé quelques masques à visière, avec ça, on ne prend pas de gros risques. On a dépanné un médecin, qui n’avait pas de matériel médical. Il nous a contactés parce qu’il ne trouvait pas de lunettes de protection même chez Bricomarché », explique-t-il.

Un « ingénieur de simulation en santé au centre de simulation hospitalo-universitaire de Bordeaux, ancien infirmier en réanimation médicale au CHU » indique sur le groupe Facebook que le « CHU de Bordeaux (…) nous demande d’imprimer des casques à visière (le modèle Prusa RC2) (…) Y a-t-il des makers sur Bordeaux motivés pour nous aider dans ce projet ? » « J’ai des demandes d’un hôpital dans le 78 pour des appareillages de poignées de porte rondes. Des contributeurs près de Versailles ? », peut-on encore lire.

« Un mécanisme d’urgence qui automatise un respirateur manuel »

Plus étonnant encore, un groupe de jeunes ingénieurs de Barcelone a même mis au point Oxygen, un mécanisme d’urgence qui automatise un respirateur manuel de type AMBU, afin de remédier à un éventuel manque de respirateurs d’urgence dans les hôpitaux du monde entier, qui peut être imprimé en résine méthacrylate d’uréthane. « N’importe qui avec un peu d’habileté peut fabriquer un appareil de respiration assistée selon son manuel », soutient l’un des promoteurs, Ignasi Plaza, 26 ans, dans les colonnes du journal espagnol El Periodico.

Les makers disposent d’une véritable force de production. « J’évalue le parc à 4500 machines sur le territoire français, belge et suisse. Notre force de frappe est intéressante », estime Yann Marchal, qui redoute cependant « l’approvisionnement en matière première ». La plateforme Amazon, l’une des principales plateformes utilisée pour l’achat des filaments pour l’impression 3D, va « arrêter de livrer non vital ». Mais assure-t-il : « Les makers ont généralement chez eux du stock. »

Et de conclure : « Tous les makers sont rassemblés, on attend le feu vert et une réaction des officiels. Il nous faudrait une autorisation, même temporaire et une plateforme dédiée. »

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