Test Gigabyte Aorus 15-XA : notre avis, nos mesures au labo

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9 Nos derniers tests sur des PC portables équipés en RTX 2070 n’avaient pas vraiment été à la hauteur de nos espérances. Pas de quoi inquiéter Gigabyte cependant, qui nous propose cette semaine de mettre à l’épreuve son modèle Aorus 15-XA. Profiter de la puissance et des raffinements d’une carte RTX sur un PC portable…

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Nos derniers tests sur des PC portables équipés en RTX 2070 n’avaient pas vraiment été à la hauteur de nos espérances. Pas de quoi inquiéter Gigabyte cependant, qui nous propose cette semaine de mettre à l’épreuve son modèle Aorus 15-XA.

Profiter de la puissance et des raffinements d’une carte RTX sur un PC portable facilement transportable dans un sac à dos, voilà un confort qui peut séduire nombre de joueurs… pour peu qu’ils disposent d’un budget conséquent. Malheureusement, et nos tests le prouvent régulièrement, pour être exploitées pleinement, les cartes RTX nécessitent des châssis de grande qualité, sans quoi les performances peuvent vite s’en trouver affectées. C’est le cas du dernier ROG Zephyrus qui est passé entre nos mains, et dont la RTX 2070 se hissait à peine au niveau des RTX 2060. Le châssis a même une double importance dans ce cas précis, puisqu’il ne doit pas seulement être capable de dissiper la chaleur émise par le GPU. Il doit assurer en parallèle le fonctionnement optimal du CPU, afin de ne pas venir limiter les performances graphiques.

Avec son Aorus 15-XA, Gigabyte pense avoir les armes pour surmonter ces difficultés et proposer une expérience solide. Rappelons que ce modèle se structure autour d’un Core Intel i7-9750H et d’une RTX 2070, tandis que le système de refroidissement baptisé WindForce s’appuie sur 6 caloducs qui parcourent tout l’appareil et une gestion logicielle faisant appel aux technologies d’IA développées par Microsoft.

L’Aorus 15-XA est construit autour d’un châssis que l’on peut qualifier de très classique, si l’on se réfère aux produits gaming qui passent régulièrement par nos laboratoires : une robe noire sans finition particulière (pas de traitement brossé, sablé ou anodisé), quelques lignes de relief sur le panneau arrière et autour du clavier pour ajouter une touche d’agressivité, et des éléments rétroéclairés. Le clavier RGB peut notamment s’illuminer sur deux niveaux d’intensité, tout comme les deux leds situées dans les angles face à l’utilisateur. Le logo à l’arrière et le bouton on/off restent quant à eux en blanc. Contrairement à ce que les nombreux effets applicables laissent imaginer, le clavier n’est configurable que sur trois zones d’éclairage, et non touche par touche. On conserve donc l’intérêt principal qui est d’offrir une visibilité des caractères dans la pénombre, mais il n’est pas possible de créer des ensembles visuels personnalisés pour mettre certaines touches en exergue.

Si l’Aorus 15-XA ne se distingue pas par son design, il peut néanmoins compter sur de solides atouts fonctionnels. Les différentes pièces du châssis sont parfaitement ajustées, le dos de l’écran lui confère une structure rigide pour éviter les déformations lors de la manipulation et la charnière offre une résistance bien dosée. On peut aussi compter sur une offre complète d’entrées / sorties : 3 ports USB3.1 Gen1 type A, 1 port USB3.1 Gen2 Type C, 1 port RJ45, une prise combo jack, et 2 sorties vidéo (HDMI 2.0 et miniDP 1.3). Et sur la partie sans fil, Wi-Fi et Bluetooth sont au programme. On regrette simplement qu’il s’agisse de Wi-Fi 5 (puce Killer 1550i).

Un autre regret concerne la qualité du touchpad, légèrement instable au niveau des clics ; il présente du jeu à l’activation. Toutefois, le problème n’est pas fondamental dans le sens où on aura plutôt tendance à privilégier la souris externe sur ce type de produit. D’autre part, nous ne savons pas dire si ce défaut est imputable au produit proprement dit ou à des manipulations antérieures hasardeuses sur notre exemplaires de prêt.

S’agissant des interfaces de saisie, l’essentiel reste préservé. Le clavier est très agréable à utiliser, avec une bonne résistance à l’activation et une frappe qui trouve un bel équilibre entre amortissement de la course et netteté dans la butée du mécanisme. On note que les équipes de Gigabyte ont opté pour l’intégration d’un pavé numérique. En conséquence, sur un format aussi compact, certaines positions de touches ne semblent pas naturelles. La maîtrise de ce layout demandera quelques jours d’adaptation.


Côté refroidissement, on est là encore sur un comportement typique des produits gaming qui privilégient la performance avant tout autre considération : l’Aorus 15-XA envoie donc du bois niveau calculs, et nous le verrons dans les deux chapitres suivants, mais en contrepartie, il faut faire avec des nuisances sonores importantes (51 dBA en charge maximale) et une forte chauffe du châssis, qui doit supporter des points chauds entre 62 °C et 65 °C selon les endroits. Ces chiffres sont élevés, mais on remarque que les températures les plus hautes sont localisées au niveau des aérations et sous le châssis. La zone du clavier, et plus largement les zones que l’utilisateur va manipuler, sont épargnées. Il faut en conclure que le système de refroidissement est effectivement mis à rude épreuve, mais qu’il « guide » la chaleur de manière efficace. D’ailleurs, les températures des composants sont à la fois stables et tout à fait dans les normes (93 °C pour le CPU, 80-85 °C pour le GPU).

On regrette cependant que les équipes de Gigabyte n’aient pas proposé de mode de fonctionnement plus rationnel : les ventilateurs de l’Aorus 15-XA tournent en permanence à 2000-2500 tr/min, régime qui peut doubler en cas de charge ; il n’y a aucune progressivité entre ces deux états. Il y a bien une gestion logicielle pilotée par une IA Microsoft Azure, mais son fonctionnement reste pour le moins opaque et son efficacité à démontrer. Un profil de ventilation personnalisable aurait été apprécié.

Terminons ce premier chapitre avec l’agencement des composants : l’ensemble est bien pensé et laisse accès à la mémoire DDR4 et aux 3 emplacements dédiés au stockage (2 x M.2 et 1 x SATA 2,5 pouces).

L’Aorus 15-XA s’appuie sur un processeur Intel Core i7-9750H et sur 16 Go de mémoire DDR4 en configuration dual channel. Le fonctionnement est conforme à nos attentes (indice de 91 sur notre protocole de tests). La puce d’Intel se stabilise autour de 2975 MHz lorsque tous ses cœurs sont sollicités, et monte même jusqu’à 3850 MHz sur un travail monothreadé.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, nous n’avons pas pu identifier de différences de comportement notables entre les profils proposés par l’interface Azure AI. Pour rappel, cette dernière est censée remonter les données de fonctionnement de l’Aorus 15-XA vers une plateforme cloud, plateforme qui s’appuie sur une IA pour déployer les paramètres de fréquence et de refroidissement les plus pertinents à l’instant “t”. Ce qui était valable pour la gestion du bruit ou des températures l’est aussi pour les fréquences de fonctionnement : aucun changement notable. En désactivant la gestion Azure AI, il est possible de prendre la main sur les fréquences CPU et GPU, mais les variations n’ont qu’une amplitude de 25 à 100 MHz selon les cas. Pas de quoi modifier les performances de manière significative.

L’expérience nous a montré que gérer efficacement la chaleur dégagée par une puce RTX 2070 n’est pas une chose facile, surtout dans un format 15 pouces. Aorus relève pourtant le défi avec brio : son PC portable obtient un score de 128 points sur notre protocole de tests en jeu. C’est un gain de 11 % par rapport au ROG Zephyrus testé il y a quinze jours, lui aussi équipé d’une RTX 2070. Et c’est globalement 9 % de plus que la moyenne des PC portables en RTX 2060.

La partie audio souffle le chaud et le froid. D’un côté, nous avons des haut-parleurs très concentrés sur les médiums, avec une légère extension sur les aigus (encore un classique des produits gaming). La solution logicielle Nahimic permet de gagner un peu en amplitude sur la bande des fréquences, malheureusement au détriment d’une compression dynamique qui s’installe lourdement. Ajoutez à cela une stéréophonie qui manque de cohérence et un effet de distorsion qui apparaît lorsque l’on se rapproche du volume maximal, et vous obtenez une expérience qui ne vaut guère plus de 2 étoiles.

A contrario, la prise casque est tout à fait satisfaisante. Elle est suffisamment puissante pour alimenter sans faillir la très grande majorité des casques du marché. Sa réponse en fréquence respire la fidélité et la séparation des deux canaux stéréo est efficace. Autant d’éléments qui poussent vers une prestation 4 étoiles.

Le dernier Gigabyte que nous avions testé embarquait une dalle Oled. La dalle IPS de l’Aorus 15-XA n’est donc pas aussi qualitative, mais ses caractéristiques restent légèrement supérieures à la moyenne. Les couleurs sont fidèles (delta E moyen à 2,6), mais c’est surtout la très faible rémanence (8 ms) qui pousse la note vers le haut. Notez que l’écran supporte un taux de rafraîchissement maximal de 240 Hz. Si le gain en termes de confort visuel est indéniable, les cas vidéoludiques où cette fréquence est vraiment mise à profit sont très rares. Par exemple, grâce à l’efficacité du couple CPU / GPU, nous avons pu faire monter Overwatch à 282 i/s en moyenne sur une session. Mais le jeu était alors réglé au minimum de ses possibilités graphiques.

De gauche à droite, la courbe gamma, la température de couleur et le delta E.

De gauche à droite, la courbe gamma, la température de couleur et le delta E.

Il n’y a pas que le confort sonore qui a été sacrifié sur l’autel des performances. L’autonomie a également pris cher. La batterie (62 Wh) est largement sous-dimensionnée au vu des besoins du PC, et la gestion logicielle Azure AI ne dispose pas de suffisamment de leviers pour limiter les dégâts. Résultat des courses : une fois débranché, l’Aorus 15-XA ne passe même pas la barre des 2 h de fonctionnement sous notre test habituel (1 h 44 min pour être précis). Voilà bien longtemps que nous n’avions plus croisé un chiffre aussi faible, y compris sur les ordinateurs portables de classe gaming.

Points forts

  • Puce graphique RTX 2070 pleinement exploitée (ça change).

  • Belle dalle IPS compatible 240 Hz.

  • Dissipation thermique plutôt bien gérée.

  • Bonne sortie audio.

Points faibles

  • Aucune option de personnalisation du fonctionnement du refroidissement et gestion assez opaque par l’IA.

  • Souffle permanent, qui devient très bruyant en charge.

  • Température élevée au niveau des aérations.

  • Autonomie particulièrement faible.

Conclusion

on a testé on a aimé

L’Aorus 15-XA est typiquement fait pour les joueurs, et seulement pour les joueurs. Ce portable offre ainsi une excellente expérience vidéoludique, portée par une bonne exploitation de sa RTX 2070 et d’une dalle 240 Hz bien portée par le couple CPU / GPU qui monte très haut en FPS (images/seconde). Toutefois, on note que ces performances se font au détriment du confort sonore et au prix d’une température élevée au niveau du châssis. Sans parler de la très faible l’autonomie. Cela n’en fait pas un modèle à éviter, loin de là. Rares sont les PC portables à pouvoir se targuer d’assumer pleinement une RTX 2070 dans un format aussi compact. On regrette simplement que Gigabyte n’ait pas ajouté un profil de fonctionnement plus conservateur, plus “casual” et plus polyvalent.

Sous-Notes

  • Construction

  • Performances

  • Jeux

  • Audio

  • Écran

  • Mobilité / Autonomie

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